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Ce numéro › Grandes lignes › La ligne Limoges – Poitiers

TERGrandes lignes

Limoges – Montmorillon : plus un train jusqu'en juin 2027

SNCF Réseau a lancé la deuxième phase de modernisation de la ligne Limoges – Poitiers. Résultat : plus aucune circulation entre Limoges et Montmorillon jusqu'au 26 juin 2027, avec des autocars de substitution.

Par Nadia Charrel14 août 20266 min de lecture
Gare de desserte fine et voie sans circulation, autocar en remplacement.
Gare de desserte fine et voie sans circulation, autocar en remplacement. — Illustration originale — Correspondance

Depuis le 3 août, SNCF Réseau conduit la deuxième phase des travaux de modernisation de la ligne Limoges – Poitiers. Plus aucun train ne circule entre Limoges et Montmorillon jusqu'au 26 juin 2027. Les voyageurs sont renvoyés vers des correspondances et des autocars de substitution, souvent plus longs.

Ce que ces lignes représentent

Limoges – Poitiers appartient à la catégorie des lignes de desserte fine du territoire : ni grande vitesse, ni RER, mais l'ossature ferroviaire qui relie des villes moyennes. Ces lignes cumulent deux handicaps : une fréquentation modeste qui rend l'équilibre économique difficile, et un état d'infrastructure hérité de décennies de sous-investissement.

Quand la vitesse tombe à cause de l'état de la voie, le train perd contre la voiture. Et quand il perd, on cesse de l'entretenir.
Le cercle vicieux décrit par les spécialistes du réseau capillaire

Le risque des onze mois

Une fermeture longue produit un effet documenté : une partie des voyageurs bascule vers la voiture et n'en revient pas. Les études sur les reports modaux montrent que l'habitude se reprend en quelques semaines, mais qu'au-delà de six mois d'interruption, la perte devient durable.

Les conditions d'un retour réussi

  • Des temps de parcours améliorés à la réouverture, sinon la fermeture n'a rien acheté.
  • Une fréquence lisible, cadencée, plutôt qu'un horaire subi.
  • Des correspondances garanties à Poitiers et Limoges vers les grandes lignes.
  • Une information anticipée sur la date exacte de reprise, souvent floue jusqu'au dernier mois.

Le cas normand, en parallèle

Le président du conseil régional de Normandie a alerté le Premier ministre sur la vétusté de la ligne Paris – Granville, évoquant un risque de fermeture totale d'ici trois ans si l'État ne participe pas à sa rénovation. Même diagnostic, même arbitrage : renouveler coûte cher, ne pas renouveler coûte la ligne.

Nadia Charrel

Grandes lignes — écrire à la rédaction

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