76 kilomètres de rails renouvelés : le RER A à l'arrêt deux semaines
Du 8 au 23 août, plus de trains entre Vincennes et Noisy-le-Grand Mont d'Est. Soixante-seize kilomètres de rails remplacés, des bus de substitution saturés, et des touristes désorientés en route vers Disneyland.
Pendant deux semaines, du 8 au 23 août, le RER A est à l'arrêt entre Vincennes et Noisy-le-Grand Mont d'Est, le temps de renouveler 76 kilomètres de rails. Des bus de substitution ont été mis en place ; les temps de trajet sont largement rallongés.
Ce que veut dire « renouveler 76 kilomètres »
Il ne s'agit pas de réparer, mais de remplacer : rails, traverses, ballast. Un rail supporte des centaines de millions de tonnes cumulées avant d'atteindre sa limite d'usure ; passé ce seuil, la fissuration devient un risque. Sur la branche est du RER A, la plus chargée, cette échéance arrive plus vite qu'ailleurs.
Le travail se fait par trains-usines qui déposent l'ancienne voie et posent la nouvelle en continu. Cela suppose une coupure totale : impossible de faire circuler des voyageurs sur la voie adjacente pendant l'opération.
Ça rallonge mon temps de trajet d'à peu près une demi-heure et je dois me lever plus tôt.
Le maillon faible : la substitution
Un RER transporte jusqu'à mille cinq cents personnes par rame. Un bus articulé en transporte cent quarante. Aucune noria de bus ne remplace un train aux heures de pointe : la substitution absorbe une fraction du flux, le reste se reporte sur le métro, la voiture ou le renoncement au déplacement.
Les effets mesurables
- +30 minutes en moyenne sur les trajets concernés, selon les voyageurs interrogés.
- Ligne 4 du métro sous tension, appelée à absorber une partie du report.
- Disneyland — accès dégradé en pleine saison, effet direct sur la fréquentation touristique.
- Nation non desservie jusqu'au 30 août pour rénovation.
Pourquoi en août
C'est la seule fenêtre où la fréquentation baisse suffisamment. Le calcul est brutal mais rationnel : mieux vaut gêner 40 % des voyageurs habituels pendant deux semaines que 100 % pendant six mois de travaux nocturnes.
Ce raisonnement suppose toutefois que la ville se vide, ce qui est de moins en moins vrai. Une part croissante des Franciliens travaille en août — et les touristes, eux, sont au maximum.
Réseau francilien — écrire à la rédaction