Paris – Granville : la Normandie chiffre le risque de fermeture à trois ans
Dans une lettre au Premier ministre, le président de la région Normandie alerte sur l'état de la ligne et réclame une participation de l'État. Sans rénovation, il évoque une fermeture totale possible d'ici trois ans.
Dans une lettre adressée au Premier ministre, le président du conseil régional de Normandie a alerté sur la vétusté de la ligne Paris – Granville et réclamé que l'État participe à sa rénovation. Il évoque un risque de fermeture totale de la liaison d'ici trois ans.
Comment une ligne meurt
Rarement par décision. Le processus est mécanique : l'infrastructure vieillit, le gestionnaire impose des ralentissements pour raisons de sécurité, le temps de parcours s'allonge, la fréquentation baisse, et le calcul socio-économique de la rénovation devient défavorable. À ce stade, la fermeture apparaît comme une conclusion technique, alors qu'elle résulte de vingt ans d'arbitrages budgétaires.
La question n'est jamais « faut-il fermer », mais « accepte-t-on de payer maintenant ce qu'on aurait dû payer avant ».
Qui paie quoi
C'est le nœud du dossier. Les régions financent l'exploitation des TER et participent aux investissements ; l'État et SNCF Réseau portent l'infrastructure du réseau structurant. Pour les lignes intermédiaires, la répartition se négocie ligne par ligne, dans des contrats de plan pluriannuels. Une ligne mal classée dans cette hiérarchie attend son tour indéfiniment.
Ce que représente Paris – Granville
- Une liaison directe entre la capitale et le sud de la Manche, sans alternative ferroviaire rapide.
- Une desserte de villes moyennes : Argentan, Flers, Vire, Avranches.
- Un matériel roulant récent circulant sur une infrastructure ancienne — le déséquilibre classique.
- Un enjeu touristique saisonnier vers le Mont-Saint-Michel et la côte.
La suite probable
Ce type d'alerte débouche généralement sur une expertise conjointe, puis sur un financement partagé arraché au terme d'un bras de fer. Le calendrier compte : chaque année d'attente ajoute des ralentissements, donc des voyageurs perdus, donc un argument supplémentaire à ceux qui jugent la ligne peu rentable.
Grandes lignes — écrire à la rédaction